Leendrill ( Bg publique)

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Leendrill ( Bg publique)

Message par Leendrill le Ven 21 Fév - 13:11

Promontoire Divin,  quartiers nord, en début d'après midi

L'astre haut dans le ciel rayonnait sur toute la capitale, la plupart des commerçants avaient fermé boutique, le temps de partager bière et repas, à l'ombre d'une taverne.

Sur la petite place se tenait un jeune garçon, seul, du haut de ses quatre ans. Il fixait le ciel, la chaleur environnante troublait sa vue, il semblait vaciller mais restait la, immobile, encore et encore, essuyant maladroitement les gouttes de sueur perlant sur son front. A quelques pas de la, abrité dans la fraîcheur d'une ruelle, un groupe d'enfants, un peu plus âgés, riait aux éclats.


J'te parie ma miche de pain qu'il va pas tenir une heure de plus
Déjà deux heures que tu dis ça.. et il est encore débout
Mince, elle arrive !


Les enfants s'éparpillèrent en vitesse, des remontrances se firent entendre dans la rue, Leendrill tourna difficilement la tête vers le bruit, mais il distinguait seulement un flou lumineux. Il fut prit de vertige quand une main mince et ferme lui évita la chute.

Par Grenth tu veux mourir ? Que tu es sot !

La vieille femme, marquée par l'effort et non par l'age, le tira d'un pas décidé, les petites jambes du garçon pliaient sous son poids

Mama..
Tais toi par la peste !

Leendrill ne pouvait plus avancer, la femme le porta, sans hésitation ni affection visible, elle marcha , grognant son mécontentement, jusqu'à la porte de l'orphelinat. La main sur la poignée, son visage se posa sur l'enfant.

Que la mort t'emporte pour te donner en spectacle ainsi... que t'ont promi ces garnements pour rester a mourir sur la place ?

L'enfant pleurait, sans doute ne savait-il pas vraiment pourquoi.

Ils m'ont dit.. que si je restais la.. je verrais tomber du feu.

L'innocence du petit garçon arracha à la directrice un triste sourire, son masque de dureté réapparu en l'espace d'un instant, puis ils entrèrent.

Orphelinat

Les années passèrent, la vie d'orphelin n'était pas toujours facile, mais personne ne s'en plaignait, pas même le jeune garçon aux cheveux blancs, dont la naïveté avait rapidement disparue. Beaucoup de ses camarades avaient été amené ici, parents disparus, attaque de centaures, maladie.. lui, il n'en savait rien, la directrice l'avait trouvé une nuit, aux abords d'un puit, le destin semblait désigner un parent dont le courage, ou la folie, avait fait défaut, mais il n'était certains de rien. Malgré les incessantes disputes les orphelins étaient soudés, et pour partager de bien maigres jouets, de biens maigres repas, il fallait l'être, et avec le sourire.





Promontoire divin, quartier populaire ouest, en pleine nuit.


Seize ans plus tard.

C'est bon pour demain soir ?
Tout a été réglé.. le chef sera la, alors pas d'embrouille cette fois, tu restes calme ok ?
Ouai ouai.. ça va le faire


Adossé contre le mur dans la ruelle adjacente, enroulé dans une cape sombre, il écoutait la conversation, sans bruits ni mouvements. Le petit garçon était maintenant jeune homme, il continuait de vivre à l'orphelinat, s'occupant des enfants le jour et « travaillant » le soir. Il n'était pas seul, bon nombre des orphelins devenus grands gardait un lien avec l'orphelinat, et vivait dans le risque la nuit pour offrir aux plus jeunes un repas convenable le lendemain.
Il sentit une légère brise effleurer son visage, sa main glissa jusqu'à sa dague d'un geste dissimulé, puis il sentit le parfum.. un extrait d'iris, de violette, ainsi qu'un autre ingrédient qu'elle seule avait le secret.

Il détacha son regard des deux hommes un peu plus loin et se tourna vers sa ruelle, elle apparue dans  l'ombre, sous un escalier. Elle avança lentement vers lui, sa démarche était aussi discrète que séduisante, elle murmura alors.

Belle nuit pour se promener n'est-ce pas ?

Elle était plus jeune, mais l'égalait en taille, enfant il avait plusieurs fois insinué que sa mère avait du être une Norn, ce qui lui valut bon nombre de coup de genoux dans le bas ventre. Ses yeux verts brillaient dans l'obscurité, était-ce la torche au fond de la ruelle ou bien le regard du garçon ? Il ne se risqua pas à répondre.

Belle nuit en effet..mais tu ne devrais pas être la, Mama ne s'est aperçue de rien ?

Elle s'avança plus encore, les cuirs de leurs tenues se frottèrent dans un léger bruissement, elle susurra à son oreille.


J'ai eu un bon professeur..

Elle passa sa main sous son masque et caressa sa joue, ils s'embrassèrent silencieusement, coupé de tout le reste. Il l'aimait, mais n'avait jamais pris la peine de le lui dire, elle était une petite douceur dans un monde bien amère. Elle se dégagea de son étreinte dans un léger soupir, caressant une dernière fois ses cheveux d’albâtre.

Alors.. tu as trouvé ce que tu cherchais ?

Oui... le gang des serpents prévoit un grand vol chez un noble, il aurait des bijoux de grandes valeurs chez lui, ses idiots ont laissé échapper l'adresse dans la discussion.
Mais c'est superbe.. on pourrait vendre l'information à la garde, au noble lui même, à un gang rival..
Attends.

Il la colla à la parois à l'aide de son bras et fit de même, des malfrats arrivèrent en grand nombre au pas de courses dans le ruelle sans prêter attention aux deux amants, fondus dans les ombres.

Les Seraphins ! Ils sont partout !


Les serpents commençaient à paniquer, ils sortirent leurs armes, des petits groupes armés avaient encerclé la zone.

On s'en va  Lynia, et vite.

Voila pourquoi les rues étaient si calme ce soir, voilà pourquoi il avait eu ce pincement avant de partir, voilà pourquoi il n'avait pas voulu l'emmener.

Le vacarme des premiers affrontements remonta à leurs oreilles tandis qu'ils escaladaient la façade d'une maison, arrivé sur le toit, le voleur tandis la main à sa complice, le poids d'une épée s'appuya sur son flanc, il pouvait presque sentir la froideur de la lame à travers le cuir.


Pas un pas de plus, vous êtes fait comme des rats.


Il sentit son amie tirer sur sa main et  prendre appui sur la parois, elle se retrouva derrière le Seraphins dans une foulée d'ombre et le frappa au visage d'un violent coup de pied. Une dizaine de garde s'avançait sur le toit voisin, ils étaient venus en masse. Les archers enduisaient leurs flèches d'huile tandis que leur commandant pointait son pistolet en direction de Leendrill, Lynia se colla à lui, il l'agrippa et plongea du toit au moment du coup de feu.
La chute fut rude, il la protégea du mieux qu'il put, ils tombèrent dans une ruelle ou le combat faisait encore rage, les serpents étaient clairement en déroute. Avec quelques cotes brisées, le voleur eu tout juste le temps de masquer leur présence dans l'ombre, les archers sur le toit posèrent leurs regards sur les deux amants, sans les voir.
Il haletait, il sentit une fine chaleur glisser le long de ses jambes, du sang, son souffle se coupa quand il comprit que ce n'était pas le sien, elle le regardait.
Il la serra contre lui, tentant de garder son calme, tout allait s'arranger, le combat était presque terminé, ils allaient attendre que tout s’arrête, puis ils rentreraient.. ou Mama viendrait les chercher, comme autrefois sur cette place, elle avait toujours été la.


Leen'.. j'ai froid..

Il sentit la lueur dans ses yeux s'affaiblirent puis partir peu à peu, son cri de douleur fut étouffé par les flèches de feu, décochées en direction des derniers survivants du gang. Il resta à la tenir pendant qu'elle s'éteignait dans ses bras, incapable de bouger, impuissant, inconsolable, tandis qu'il observait, en larmes, tomber le feu.




Orphelinat, en pleine nuit

La vieille femme promenait sa bougie dans la pièce, balais fermement en main, elle avait entendu un bruit, elle en était certaine, elle le trouva, a genoux près d'un lit, observant une petite fille dormir. Elle baissa son balais, murmurant.

Toi..
Mama.

L'homme aux cheveux d’albâtre se releva sans un bruit, tout deux s'assirent à la table, il y eut un long silence.. interminable, elle prit finalement la parole.

Tu as faim... ?
Non.
Trois ans..tu aurais pu donner des nouvelles.
J'avais besoin de prendre l'air.. tes joues sont de plus en plus creusées.

Sa voix ne laissait transparaître aucune émotion.


Nos joues sont plus creusées.. j'ai sommé aux grands d’arrêter ses escapades nocturnes, la rue est dangereuse, plus que la faim, et depuis que Lynia..

Il l’arrêta d'un geste de la main, affichant un étrange sourire.


N'en parlons plus Mama, je ne vais pas t'importuner plus longtemps, j'aurais l'occasion de repasser, je compte bien rester dans les environs

Elle n'arrivait en rien a percer son sourire, qui n'était rien d'autres qu'un masque de douleur, elle se contenta d’acquiescer, lentement, il posa un bourse sur la table avant de prendre congés.

Je ne veux pas d'argent sale.

Il s’arrêta, face à la porte

Il sera moins sale dans tes mains que dans celles de son ancien propriétaire, je peux te le garantir, mangez à votre faim, je reviendrai.

Il savait qu'elle pleurait, il franchit la porte sans se retourner, s'enroula dans sa cape et se réfugia dans les ombres de la Capitale.

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